Aliocha

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Présentation

« Imperfection is in some sort essential to all that we know of life. […] in all things that live there are certain irregularities and deficiencies which are not only signs of life, but sources of beauty. »
Si un siècle ne les séparait pas, Aliocha et l’auteur de ces lignes, John Ruskin, parleraient d’une même voix. Puisque c’est bien de cette « humanité » génératrice de beauté dont Aliocha se réclame. Celle-là même qui jaillit des titres de Bob Dylan et d’Eliott Smith, de Lennon et de Nick Drake; une audible et poignante « imperfection » qui en a fait, jeune, un autodidacte fuyant la froideur du standard, le faux brillant du « normalisé ».

Connu tôt pour son jeu, sur les planches, puis au petit et au grand écran, le benjamin de la famille Schneider — un père homme de théâtre, une mère femme d’affaire et mannequin et une fratrie d’artistes —, s’est pourtant rêvé songwriter l’essentiel de son temps. Rencontré au hasard d’un café, c’est le fascinant et fasciné Jean Leloup qui, le premier, lui permettra l’audace de l’être.

Avec lui et ses « Last Assassins », Aliocha matérialisera en studio les ébauches d’un premier gravé — huit maquettes qui lui donneront aussi sa première maison de disques, Audiogram. De là, entre Paris, Montréal et Los Angeles, l’auteur-compositeur-interprète se profile, émerge. Obsédé par l’invention d’un verbe qui serait sien, lorsqu’il fait la rencontre à Paris du brillant réalisateur Samy Osta (La Femme, Feu! Chatterton, Juniore), il sait qu’il se conjuguera désormais à la première personne du pluriel; la complicité est absolue. Derrière la console vintage d’un studio de Göteborg, en Suède, puis plus tard à Paris, les deux, joints un moment par le batteur Ludwig Dahlberg (Indochine, The International Noise Conspiracy), immortaliseront les sessions dont seront tirées deux albums : un premier « extended play », Sorry Eyes, paru à l’automne 2016 — et qui a vu Aliocha joindre Le Label de PIAS en France —, puis un « long play », Eleven Songs, attendu au Canada et en Europe le 2 juin 2017.

D’un magnétisme particulier, l’Eleven Songs d’Aliocha est fait d’un folk hors du temps, entre la désinvolture sensible des sixties et l’angoisse douce de la modernité; d’une pop à la fois d’hier et d’aujourd’hui, belle et imparfaite, tramée des mots images d’une jeune vingtaine naïve et emportée. Sur ses onze pistes, on croise successivement ballade électrifiée, refrain rebelle, mélodie psychédélique et chanson brute et sobre. Un monde musical absorbant où s’élève une voix d’une sincérité rare et qui se déploie dans des arrangements de cordes et d’électroniques subtils et justes, découvrant une production pointue d’une éloquence indéniable.

Incarnés sur scène par de jeunes hommes modernes, des complices adroits au charisme original — son frère Volodia Schneider, batteur, le multi-instrumentiste Christian Sean et le bassiste Tom Tartarin, — ses titres vibrent, gagnent en force et en caractère, promettant une suite à mille lieues de l’ordinaire… Ce dont ont d’ailleurs attesté les spectacles des quatre jusqu’ici, au Québec, en France, en Allemagne, en Belgique et en Suisse — au MaMa, à Bars en Trans, à M pour Montréal, au FME, à Montréal en Lumière, et en ouverture de Charlotte Cardin, notamment.